| "TortureCamp R US" - Les "Sites Noirs" de la CIA |
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| Écrit par Aguolo | |||||||||||||||||||||||
| 03-11-2005 | |||||||||||||||||||||||
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On pensait Guantanamo être le seul Club Med réservé aux VIP de la terreur. On aurait vite fait d'oublier que dans le business à l'américaine, quand un site marche, on en fait un Network. La saison 1 de "24 Heures" n'était qu'un amuse-gueule. Bienvenue dans la Réalité qui dépasse toujours aussi allègrement la fiction.Histoire de jeter un pavé dans la mare d'un monde à nouveau paisible, voici que le Washington Post nous annonce que la CIA détient des suspects de terrorisme dans des prisons secrètes (CIA Holds Terror Suspects in Secret Prisons) située, histoire d'échapper à toute juridiction un peu trop "human rights friendly" dans 8 pays amis des US où l'on ferme les yeux. Sont désignés entre autre la Thaïlande, le Pakistan et quelques pays d'Europe de l'Est qui marquent bien leur haute estime pour la démocratie et leur totale attachement à la défense des droits de l'homme alors qu'ils entrent dans l'Union Européenne. C'est que brûler quelques cigarettes sur le bras d'un détenu, ça fait pas classe, surtout aux Etats-Unis. Et détenir de la manière des individus, c'est pas très légal non plus au Royaume du Roi Big Mac. Et ça, la CIA le sait bien. Ainsi donc sont nés les "Black Sites", éléments clés de la guerre non-conventionnelle que la Central Intelligence/Incompétence Agency mène contre le terrorisme. Evidemment, cette même CIA ainsi que la Maison Blanche, se drappant de préoccupations de sécurité nationale, ont dissuadé le Congrès de réclamer quelque éclaircissement qu'il soit sur les conditions de captivités. Virtuellement rien n'est connu de l'identité des détenus, des conditions d'interrogatoire et de la manière dont leur captrivité est décidé. Omerta sur les "Sites Noirs". Alors on se souviendra avec nostalgie de la déchéance du Département de la Défense au sujet d'Abu Ghraib. Une leçon ? C'est que la CIA est mauvaise élève, qui plus est têtue. Donc on dénie en bloc. Alors dans toute cette équation, il y a tout de même quelque chose qui bloque. Le problème avec le concept de "sites secrets", c'est qu'un jour, si les détenus en sortent, et bien le secret n'est plus aussi secret. Donc quid de la détention ? A vie ? Comme le dira un officier américain familier avec le programme: "Tout a été très réactif (après le 9/11). C'est comme ça que vous arrivez à une situation où vous prenez des gens, vous les envoyez dans un noman's land sans vous demander ce que vous en ferez après coups". Le jour suivant cet article, l'Administration Bush devait évidemment répondre et naturellement, après les fameuses WMD introuvables, on excelle dans l'exercice de la justification bancale et on ne fait pas dans la dentelle: "Le fait qu'elles (les prisons secrètes) soient secrètes, en assumant que de tels sites existent, ne signifie pas que la torture y soit toléré" dira-t-on. En attendant, cette même administration est sur le point de proposer que les agents sous couverture de la CIA soient exemptés d'une interdiction de torturer que pourrait promulguer le Sénat et gare à ceux qui seraient contre cela, ils seraient vite taxés d'être "unpatriotic". Ami lecteur, c'est ça aussi la beauté de la mondialisation: exporter des dénis des droits de l'homme et bien garder le tout secret.
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| Dernière mise à jour : ( 03-11-2005 ) | |||||||||||||||||||||||
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