Ca y est, c'est officieusement officiel, la Corée du Nord a sa bombe... Et c'est fou comme je ne m'y attendais pas.

Entre l'Iran qui veut produire coute que coute de l'électricité (c'est bien connu, EDF est une cause nationale) et la Corée du Nord qui s'amuse à tester Richter, on sent qu'on se prépare à un avenir radieux. Pourtant, on leur a dit qu'il ne fallait pas, que c'était pas bien et tout et tout. Et puis ont-ils vraiment quelque chose à craindre ?
Mettons-nous un instant dans la peau de Téhéran et de Pyongyang et réfléchissons au monde qui nous entoure:
2002, discours d'Etat de l'Union par George Bush. De tous les pays dans monde, seulement trois sont singularisés: le fameux trio de l'Axis of Evil. On y parle entre autre de possibilité d'agir unilatérament en cas de menace potentiel. Si encore ce n'était que des mots mais voilà qu'un de ces trois pays passe à la casserole. On décapite le régime, on liquide les fistons du patron des lieux qui doit se terrer dans un trou. Pour le reste, on fout le bordel au point d'engendrer une quasi guerre civile. Y a mieux comme incitateur à une collaboration pleine de peace & love.
A cela, on rajoute aujourd'hui une Iran bien entourée des quatres côtés par les forces de la Liberté (un peu de Navy au sud), et quelques bases autour). Décidément, ça pue un peu cette histoire.
Alors évidemment, un pays comme l'Iran ou la Corée du Nord sait très bien que toute confrontation militaire avec le Grand Satan serait pur suicide. Seule demeure alors l'aspiration et la satisfaction de se dire qu'en cas d'invasion, on aura fait un maximum de domages à des degrés au-delà du supportable et qui assure dans leur probabilité un sale garde-fou. Il n'y a évidemment qu'un seul moyen de permettre ce type d'aspirtation. Un indice : ce n'est pas l'électricité nucléaire.
Et c'est là hélas la triste ironie de l'ère Bush. Les guerres préventives (dont celle en Irak) avait pour but supposé d'empêcher la prolifération d'armes de destruction massive. A la place, où que ce soit, elles auront surtout exacerbé la quête des autres à les acquérir. Action... Réaction.

Et puis n'oublions pas non plus cet injuste double-standart né du
Traîté de Non-Prolifération Nucléaire qui veut que "MOI OCCIDENTAL A ARME NUCLEAIRE, TOI SAUVAGE ORIENTAL PAS DROIT". Si seulement le discours post Hiroshima se voulait apaisant, vers une disparition totale de la chose nucléraire, ça passerait encore, mais le souci vient de l'abondance d'un discours où l'on énonce clairement son intention de conserver ad vitam eternam ses milliers de têtes. Même Chirac, il n'y a pas si longtemps, a brandi la menace. C'est un peu comme s'il y avait des pays en qui on pouvait avoir confiance malgré leurs armes nucléaires alors que d'autres, non. C'est en soi-même un peu questionnable et pas vraiment convaincant. Pourquoi alors les conserver ? L'Oncle Saddam se souviendra longtemps de la confiance et l'honnêteté de l'Administration Bush. Au fait, je vous rappelle que le but ultime du traité de non-prolifération est de... "d'accomplir l'élimination totale des arsenaux nucléaires". Mouais, on se souviendra, en 2004, de ces plans de développement de l'administration Bush pour des "Mini-Nukes" histoire de faire sauter les bunkers.
Alors in fine, Teheran et Pyongyang sont-ils seules à blâmer ? Au royaume des pays voyous, ils ne sont pas tout seul, c'est clair.
A l'horizon 2012, les Etats-Unis devraient avoir un arsenal nucléaire limité à 2200 unités (sans compter les réserves). Et pourquoi pas O unité ? O tête nucléaire ? Dans un monde où l'armée américaine est omniprésent et omnipotente, pourquoi continuer à conserver un tel arsenal alors qu'ils sont certainement le pays ayant le moins besoin de ce type d'arme ? Non seulement sont-elles inutiles (imaginez donc un scénario où les US larguerait du nucléaire) mais en plus, elles ne protègent de rien. La dissuasion nucléaire pouvait-elle faire quelque chose contre 9/11 ? Les faits prouvent que non. Elles sont inutiles et pourtant, elles ne servent à rien en soi-même si ce n'est à amener d'autres pays à se pencher sur la question du "et si j'en étais ?"