A l'heure où ça chauffe en Thaïlande, on se congratule au Japon. La révolution poinderait-elle en Chine ? Faut pas rêver non plus.

Certains penseront que faire un papier sur les obscures événement thaïlandais n'est pas d'un intérêt majeur pour le lecteur lambda du blog. Mais bon, il s'avère que ma thèse de fin d'études au Japon a été
"The Thai Model of Democratization, an Attempt to Establish a Common Process Toward Democratization" (La Démocratisation en Thaïlande, Détermination d'un Processus Commun de Démocratisation). Je ne vais pas vous expliquer le pourquoi d'une telle thèse mais bon, ce fût une époque où je passais pas mal de temps au Royaume de Siam à me dorer la pilulle tout en m'intéressant, comme souvent, à la vie politique du coin.
C'était en 2000-2001 et les élections parlementaires étaient en route en Thaïlande. Un summum de corruption que cette élection disaient certains et la victoire écrasante d'un tout jeune parti au nom bien populiste
Thaï Rak Thaï (ไทยรักไทย) « les Thaïs aiment les Thaïs ») sous la houlette de
Thaksin Shinawatra (ทักษิณ ชินวัตร, le -tra se prononce comme un -t), propriétaire d'un des conglomérats les plus puissants de Thaïlande, Shin Corporation. L'individu possède non seulement l'argent mais également du média: le réseau de téléphonie mobile AIS, une chaîne de télévision... Tout y passe. En résumé, une sorte de Sylvio Berlusconi, tout aussi populiste, corrompu et pôte avec Bush avec qui il est très proche. Mais voilà, en 2001 il passe. Voici un extrait de la conclusion de ma thèse
"Media gives to the new thai government 5 to 6 months of life, due to the charge against the future prime minister, but already are they predicting a rather dark future for Thailand's young democracy". Et bien le bougre, 5 ans plus tard, est toujours là. Il a dû bien arrosé.
Alors faut-il vraiment se choquer de ce coup d'état ? Ceux qui connaissent un peu l'histoire de la Thaïlande et la manière dont ce pays fonctionne ne se font pas trop de souci car ce n'est pas la première fois qu'un coup d'état intervient. Depuis 1932, c'est le... 18ème (!!!) coup. Une belle performance.
L'autre particularisme de la Thaïlande et d'être une Monarchie. Le royaume d'un Roi,
Bhumibol Adulyadej (ภูมิพลอดุลยเดช) respecté plus que tout et auquel personne n'oserait toucher. Il suffit de voir les quelques images vidéos des insurgés militaires avec en fond le couple royal. Pas de souci là-dessus, on ne s'embarque pas pour un nouveau Cuba ou Népal.
Donc au final, c'est surtout une destitution de facto du Premier Ministre et ce n'est pas plus mal en soi. On fera confiance à
Sonthi Boonyaratglin, Commandant en chef des armées (au centre sur la photo) qui promet rendre le pouvoir au peuple après les élections, pour remettre un peu d'ordre dans cette décadence. En attendant, c'est ce même peuple qui avait, un an plus tôt (surtout en province), voté en masse (70% des sièges) pour un nouveau mandat de Thaksin et son gouvernement. Comme quoi la Démocratie ne garantit pas forcément le meilleur choix.

Pendant ce temps-là, au Japon,
Jun'Ichiro Koizumi (純一郎 小泉) laisse place à
Abe Shinzo (安倍 晋三). Comme souvent avec le Japon, on alterne pas trop et tout comme Koizumi, Abe vient du
Parti Libéral Démocrate (PLD, Jiminto 自民党).

On espère que sous ses dehors un peu moins sexy (mattez quand même ce smile de winner!!) que son prédecesseur, il sera un peu plus diplômate que Koizumi qui certe avait l'originalité d'une coiffure bien tendance mais qui en matière de relations étrangères était sûrement diplômé du George W.Bush Foreign Affairs Institute où l'art de déplaire à ses voisins (Corée du Sud, Chine) est la rêgle. Ses fameuses visites bien controversées au
Sanctuaire Yasukuni (靖国神社), temple dédié aux morts pour le Japon faisait surtout plaisir aux nationalistes japonais plus qu'autre chose. On souhaite à son successeur un peu plus de tact "à l'européenne" avec ses voisin, du genre des relations franco-allemande.
Voilà pour ce point rapide sur la scène politique asiatique. Pas grand chose en fait, mais suffisamment pour s'y attarder.