Dashan (大山), la Grande Montagne. Un lieu mystique ? Non, un canadien, tout simplement.
Qui est l'étranger le plus connu en Chine ? Napoléon ? G.W.Bush ? De Gaulles ? Louis XIV ? Non, rien de cela, c'est tout simplement un Canadien. Dashan, tel qu'il est appelé par l'ensemble des chinois est connu d'est en ouest, du nord au sud et aucun chinois n'ignore son nom. Comment dans un pays aussi fermé un inconnu chez nous est-il devenu si connu là-bas ? Revenons une quinzaine d'années en arrière. C'est en 1988, alors étudiants à l'Université de Beijing que Mark Roswell propose ses services. Son premier succès viendra de sa performance du Xiangsheng, une forme traditionnel de dialogue comique chinois. Durant les fêtes nationales suivantes, il fera souvent des apparitions en pratiquant cet art. Dashan est le nom de scène de Mark Roswell. Inconnu hors de Chine, il est sans conteste aujourd'hui l'étranger le plus connu de la nation. Une étude annonce que 8 habitants sur 10 peuvent expliquer qui est Dashan. Devenu icône de la télé nationale, il est surtout visible dans des programmes d'apprentissage du chinois à destination des étrangers résidant en Chine ("Communicate in Chinese" sur CCTV9). Le fait qu'il maitrise à la perfection le mandarin aura beaucoup aidé et, dit-on, il est capable de parler le chinois mieux qu'un chinois. Joli compliment.
Depuis, 1988, les apparitions de Dashan se font toujours aussi régulière dans des émissions affichant des audiences surpassant les 800 millions de téléspectateurs, dans des séries chinoises et dans pas mal de pubs. Pas mal pour un inconnu.
Maintenant, être star en Chine ? Est-ce que ça paee ? Pas facile à dire et dans le cas de Dashan, il est vrai que sa richesse est loin, dit-on, de refléter sa popularité. Parmi les soucis médiatiques en Chine, la télévision est d'Etat. Et Dashan est le roi des apparitions aux fameux shows du Nouvel An. Y apparaitre est un honneur et comme tout honneur, ça ne paie pas ou peu. 1000€ grand maximum.
Parallèlement, donner son image à une marque en Chine, c'est comme poster sa photo sur le net. Après, on ne la controle plus et good-luck pour recevoir des royalties. Pas de droit au pays de Mao. Le salut viendrait alors des compagnies canadiennes en Chine ? Pas assez présentes.
Comme le dit Dashan, il se peut que parfois durant 6 mois il ne recoive aucun salaire. Ses revenus ne seraient d'ailleurs substantiels qu'en des termes chinois. entre 30,000 et 50,000 euros par an. Une vraie arnaque chez nous compte tenu de l'aura de l'individu. Mais 50,000 euros en Chine, c'est la vie de Cresus. Il n'est donc pas rare, entre 2 séries et quelques apparitions téléviseés de voir notre ami faire des ménages içi et là pour soutenir une marque de Ginseng portant son nom ou quelqu'autre produit. Etonnament, ce champion de la Chine, super-Sinophile, a envoyé sa femme chinoise et ses enfants vivre à Toronto. Comme quoi le succès en Chine n'est pas forcément synonymé avec richesse.
Pour la curiosité, je vous colle son flash promo. C'est moyen mais bon...
Marketing en Chine (1) - Des pièges en perspective
Écrit par Aguolo
03-06-2005
Trouver un moyen de promouvoir une marque international dans l'Empire du Milieu peut être aussi difficile que d'y trouver une copie légale d'un programme de Microsoft.
On parle beaucoup du marché chinois, de son formidable développement, mais peu des méthodes marketing pour s'y introduire. Sans doute parce que l'art est définitivement un exercice difficile. Avec la montée de la classe moyenne, la Chine est le nouvel Eldorado et promet des profits substantiels aux entreprises, des PME/PMI aux grand groupes, qui s'y intéresseraient. Mais y vendre une marque connue n'est pas chose facile, loin de là, étant données les barrières culturelles et la concurrence des marques locales.
Yahoo, par exemple, a rencontré beaucoup de difficultés dans la mise en place de son service de rencontre sur le site chinois de Yahoo. Avec peu de données de marché disponible, il était difficile de savoir ce que les chinois pouvait rechercher dans leurs relations et donc de définir la ligne à suivre sur le site. La solution ? Demander leur avis aux services de rencontre locaux.. Ainsi furent invité 10 services de rencontres aux bureaux chinois de Yahoo afin de leur demander leurs avis autour d'un déjeuner.
Tout le monde est d'accord sur ce fait, la publicité, aussi basique soit-elle, et les relations publiques surtout, sont un business en plein développement en Chine. Mais il faut faire attention car nos propres concepts occidentaux de mise en avant de la marque et de son image ne fonctionne pas toujours là-bas.
Dans le cas de Yahoo, on se concentre sur la promotion de l'image corporate plutôt que sur les produits. Des événements sont organisés duant lesquels sont invités des consommateurs à participer, sachant que les gens valorisent leur relation avec des marques reconnues et la perception que peuvent en avoir les autres (amis, familles). Consommer, en Chine (et en Asie du Sud-Est), c'est avant tout entretenir sa propre image, une tendance qui disparait au contraire peu à peu dans nos pays occidentaux.
Parallèlement, Yahoo joue beaucoup sur le fait que le co-fondateur soit un américano-chinois. L'image du PDG qui a réussi est quelque chose de très fort. On admire l'homme alors qu'il est plutôt jalousé chez nous. Au sujet d'une marque, les chinois diront qu'ils en ont entendu parler mais ce dont ils parleront surtout, ce sera du propriétaire, de la compagnie (d'un point de vue corporate) et de l'argent qu'elle fait.
Maintenant, je ne vais rien vous apprendre, mais surtout dans le cas des entreprises proposant des produits technologiques ou de luxe, l'image n'est pas suffisante, il faut aussi savoir lutter contre les marchés pirates. Et ça c'est le vrai mal de tête pour les multinationales de tout bord (culturel, cosmétique, luxe, ingénierie...) au moment où elles cherchent à VENDRE. Car in fine, le plus important demeure de vendre. Vaut-il le coups de promouvoir une marque si autant de produits pirates inondent le marché ?
Le concept de marque est gâché en Chine, certains pensent. A la fin, on a vite l'impression que ce qui compte, c'est le prix. Baladez-vous en Chine avec un sac Louis Vuitton me semble être une hérésie pour ma part dans l'état actuel du marché. Au Japon, on aura aucun doute sur l'authenticité du produit, en Europe, ça dépendra du faciès de celui qui le possède, en Chine, tout Louis Vuitton, à part dans certaines sphères de la société, sera toujours considéré comme un faux. Mais bon, cela ne doit pas empécher les marques de rendre leur présence connue, car en un sens, une marque piratée l'est parce qu'elle est reconnue.
Du coté "pratique" du Marketing, les choses se compliquent. Faire du Marketing efficace demande une grande familiarité avec la culture locale mais trouver des employés locaux comprenant l'importance du Marketing peut être difficile. Non, le département Marketing n'est pas qu'une pompe à fric ne faisant que du vent.
Pour finir, un dernier point de difficulté : la fierté nationale. La Chine se développe ET elle le sait. Il faut savoir accepter que les consommateurs chinois ont un sentiment grandissant de nécessité d'être "supporter" de leurs propres entreprises. La consommation grandissante de produits "Made in China" en Chine est graduelle et le dernier obstacle à celle-ci, le problème de qualité, est un verrou qui, comme avec le Japon avant, sautera très bientôt.
Le sens du nationalisme est très fort en Chine. La revanche sur le Japon, la revanche du modèle communiste sur le capitalisme américain... Il suffit de regarder la TV chinoise pour savoir sur quel mode la société chinoise fonctionne et la fierté du drapeau rouge, derrière les théories de Mao et Deng Xiaoping est plus que jamais moteur de l'Empire du Milieu.
Pour une compagnie modeste, une campagne marketing en Chine est une totale perte de temps et d'argent. Une stratégie de partenariat avec une entreprise locale, plus reconnue, respectée sera alors une solution plus viable.
Les restaurants chinois: métaphore du business à la chinoise et de la prudence à la française
Écrit par Aguolo
16-05-2005
1 milliards et 500 millions de p'tits chinois, et nous et nous et nous ?
On parle souvent de la croissance spectaculaire de la Chine par ses très bas coût de main-d'oeuvre. On oublie trop souvent d'évoquer ceux qui portent cette croissance tels les marchands sénégalais peuplant les piliers de la Tour Eiffel: La Diaspora chinoise.
Présente sur la côte ouest américaine (majoritaire à San Francisco), en Asie du sud-est, en Europe et même en Afrique et au Moyen-Orient, la diaspora chinoise a semble-t-il hérité de cet esprit colonisateur qui porta la civilisation européenne au temps des Conquistadors, des Croisées et du Commonwealth à son apogée.
Que ce soit au Pakistan ou en Afghanistan pour le pétrole, ou ailleurs, les chinois font preuve d'un pragmatisme plus qu'optimiste dans leur conquête du monde. J'ai souvenir d'amis chinois heureux de quitter Shanghai pour partir travailler en Madagascar. Quelle aurait été l'attitude d'un jeune français ? Sûrement une sorte de dédain pour un pays que l'on ne jugera pas digne.
Sans parler d'international, ça m'amène donc à mon petit constat. Baladez-vous dans tout coin perdu de France, en banlieue parisienne au coeur de villes désertées par les commerces et regardez ce qui trônent en plein milieu, au moins un restaurant chinois, voire japonais (mais tenu par des chinois). Il n'y a pas encore si longtemps je roulais en haute-normandie et autour d'une rocade, en plein milieu de nulle part: un restaurant chinois.
Alors comment appeler cela ? Un comportement d'inconscient de la part de chinois qui finalement en business ne seraient pas si pragmatique ? Ou plutôt une sorte d'esprit de conquête du Far West où l'on n'a peur de rien ?
On a sans doute à prendre là une leçon qui dépasse largement le simple fait de la multiplication des restos chinois. Le français n'ose pas, ou tout du moins n'ose plus.
Nous avons peur de tenter de nous développer dans l'inconnu, une crainte d'entreprendre sans garde-fou.
Rien n'est inéluctable mais n'attendons pas d'être le nez dans la m****** pour changer nos comportements.
Li Li... Quand les médias annoncent le Péril Jaune
Écrit par Aguolo
06-05-2005
Li Li, Matahari made in China, is in ze house. Il faut croire qu'au département "Péril Jaune", le textile ne faisait plus audience.
Depuis quelques jours donc, nous avons de longs en large, içi et là, l'histoire de la surdouée et surdiplômée Li Li, capable de parler mille et une langues, stagiaire chez Valéo avec ses 6 ordinateurs contenant l'infecte méfait de cette nouvelle forme d'invasion: des fichiers qu'elle n'aurait pas dû avoir. Et voici, en pleine enquête sur la culpabilité ou non de la dame, son visage et son nom placardé sur nos fenêtres magiques et à l'échelle nationale. Belle mentalité. J'vais pas disserter sur les faits, on en parle excellement bien içi
J'ai l'impression que jour après jour je me répète mais bon, comme avec toute cause perdue d'avance, il faut savoir dénoncer certaines attitudes bien françaises.
La première attitude: notre nombrilisme. Les TF1, France 2... nous ont rabachés durant des semaines que la méchante Chine et sa diaspora infectueuse nous pourrissaient une industrie du textile de qualité ne pouvant se battre face à des salaires jusqu'à 30 fois inférieurs aux notres. L'appel à l'aide nous fait penser à une avalanche que l'on n'aurait su anticiper. Mais dans tout bon village de montagne, on anticipe les avalanches. Pour l'industrie du textile française, elle savait depuis déjà bien longtemps ce qu'il allait se passer MAIS l'invasion fût telle que voilà, nous perdons des dizaines de milliers d'emplois chaque mois en Europe. La faute à qui ? Un syndicat du textile qui n'aura pas du tout fait son boulot en ne recadrant pas notre industrie vers une production 100% qualité. La faute à qui ? Qui décide d'acheter les produits chinois ? Les chinois ? Non !!! Soyons conscients que beaucoup, et ils auraient tort de s'en priver, font des marges énooOOOOORMES sur ces produits venant de Chine. Ce n'est pas les manufacturiers chinois qui nous forcent à acheter de leurs produits. Ne nous trompons pas d'ennemis. La Chine fait du biz avec ses propres coûts. La France n'est pas LE centre du monde.
La seconde attitude: les annonces médiatiques chocs et très peu fondées. Nous l'avons vu plus haut, l'affaire Li Li est l'objet d'enquêtes. Espionnage ou simple fait d'être ingénieur ? J'ai chez moi matériellement plus d'ordinateurs que chez la demoiselle. Cela fait-il de moi un futur espion en puissance ? Non. Dans tous les cas, qu'elle soit condamné ou innocenté, le mal est fait et comme pour les condamnés innocentés d'Outreau, il planera chez beaucoup un doute. Et dans un secteur où le secret industriel est primordial, notre jeune amie chinoise est dors et déjà grillé à vie. Pas grave pour elle car avec de telles mentalités, et comme c'est parti, ce n'est pas en France qu'un futur industriel sera réellement prometteur.
Le scandale des restos chinois parisiens en 2004 (cf. l'enquête du Parisien) nous révélait une diaspora chinoise fourbissant un empoisonnement national. L'invasion du textile nous révèle une intention d'anéantir notre tissu industriel. Li Li nous révèle un désir d'affaiblir notre "supériorité innovante". Ca pourrait ressembler à du discours FN (je prédis une nouvelle niche pour le FN sur le discours anti-chinois) mais non, ça pourrait bientôt être la réalité si l'on ne prend pas garde à conserver une certaine clairvoyance sur les agissements de nos médias, la télé en tête.
Au programme de la 200ème de Paris Dernière, un best-of des nuits chaudes à Paris et ailleurs. Et cet ailleurs concernait pour 2005 Shanghai.
On a beau se dire que la Chine communiste castre tout. En tout cas ça ne doit pas être à Shanghai. Dans le désordre nous avions:
- L'artiste littéraire qui publie de la littérature sexe/drogue et se fait interdire par le gouvernement.
- La boîte gay (mais alors bien gay, maquillage et tout à l'appui), tout y est comme chez nous, les backrooms en moins.
- Raffarin (mais que foutait-il au milieu de ce reportage ?) en pleine promotion de la France qui dort.
- Une boîte karaoke où l'on choisite plusieurs filles en même temps histoire de finir sa nuit à jouer à Pierre/Feuille/Ciseaux.
- Le sex-shop (que j'ai eu la joie de visiter) le plus connu de Shanghai, hautement sympathique mais tellement petit
- Une prostituée bien jeune, BCBG, déjà propriétaire d'un luxueux appartement et prête à tout pour exciter le showman made in France.
C'était assez chaud !!! En tout cas, et d'expérience de parisiens/shangaïen, je ne peut que confirmer ce que disais un jeune exposant français là-bas, le centre du monde, ce sera là-bas.
J'vais être honnête mais aujourd'hui, quand on voit les nuits parisiennes et les nuits shangaïenne, la différence et comme qui dirait... FLAGRANTE !!! D'un coté, une vie nocturne romantique mais morte, de l'autre, une ville jeune qui vie à 100 à l'heure et où la culture du 21ème siècle explose partout.
Définitivement là une parfaite illustration du mal français. Nous sommes passéïste et voulons garder de notre pays et sa capitale l'image figée d'une capitale tranquille. Beaucoup regrette les Années Folles et ces Années Folles, Shanghai les vit en ce moment.
Alors pourquoi ? Allons chercher la raison chercher de la bouche des chinois eux-mêmes: en France, tout ferme trop tôt et l'on oublie trop vite que ce qui supporte la vie en ville, ce sont les commerces ouverts, l'animation, le mouvement. Et le mouvement, on a oublié après 7PM ce que ça pouvait être.
Faut que je me présente à la Mairie de Paris, quelques changements s'impose ;)